Un migrant découvre Tourcoing et demande son rapatriement d’urgence. « C’est trop moche. »

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TOURCOING – Arrivé il y a trois jours à Tourcoing et trouvant la ville trop moche, un migrant somalien a contacté les autorités françaises pour demander son rapatriement d’urgence vers son pays d’origine.

Il s’appelle Kévin* (nom modifié pour l’article), il a 27 ans. Il met en garde tous ses compatriotes qui veulent venir dans le Nord de la France, et en particulier à Tourcoing. Il s’est installé dans la cité tourquennoise il y a trois jours, aux abords du Parc Clémenceau. Il y a installé une petite hutte faite de toile et de quelques panneaux de bois récupérés aux alentours.

Le confort y est spartiate : des cartons superposés au sol en guise de matelas, une vielle lampe à pétrole, quelques photos du pays. Kévin est fatigué. Comme beaucoup, il a parcouru des milliers de kilomètres au péril de sa vie pour fuir les combats en Somalie et trouver l’eldorado en Europe. Et ce petit coin de paradis, il pensait le trouver à Tourcoing.

On s’est foutu de ma gueule

« J’avais lu des brochures sur internet qui disaient que c’était une ville très jolie. Elle a quatre fleurs au classement des villes et villages fleuris, ça compte quand même » raconte Kévin, accroupi sur le sol. « Je voulais fuir la Somalie et je me suis dit : c’est là-bas qu’il faut aller! Bah on s’est bien foutu de ma gueule.« 

Très déçu, le migrant décrit Tourcoing comme une zone géographique sinistrée, densément peuplée, une cité alignant les maisons en briques rouges meurtrie par la crise du Textile. « C’est la tristesse au milieu de la pollution, le tout sous un ciel gris et pluvieux » regrette-t-il « C’est trop moche. J’ai demandé mon rapatriement d’urgence. »

Sa demande est en cours de traitement par la Préfecture qui envisage une reconduite au pays d’ici la fin du mois de septembre. D’ici là, Kévin attend et met en garde ses compatriotes tentés par le grand voyage vers Tourcoing : « ne venez pas ici et restez au pays sinon c’est la déprime assurée.« 

Flux migratoire et instabilités politiques

En 2014, plus de 230.000 migrants seraient parvenus à atteindre les côtes européennes selon l’agence européenne Frontex. Les vagues migratoires sont en grande partie liées aux crises politiques et aux guerres et concernent principalement la Syrie, l’Erythrée et la Somalie.

La Rédaction

Crédits photo : © pond5.com

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